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Nom du blog :
subrahmanyakamadhenu
Description du blog :
Pour comprendre l'hindouisme, la civilisation de l'Inde. (Me demander les références si besoin est.)
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
24.05.2009
Dernière mise à jour :
02.02.2017

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Brâhmane : haute caste de l'Inde, mais de quelle manière ?

Brâhmane : haute caste de l'Inde, mais de quelle manière ?

Publié le 31/05/2009 à 19:50 par subrahmanyakamadhenu
Brâhmane : haute caste de l'Inde, mais de quelle manière ?
(image : Brâmane shivaïte du Sud de l'Inde, Tamil Nadu, fin XIXe)
 
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Selon le Center Development Studies, par D Narayan, Thiruvanantpuram ("perception, poverty and health: a contribution" CICRED Seminar on poverty and health, Feb. 2005 :

a) 53,9% de la population de la plus Haute caste hindoue - ou Brâhmanes - vit EN DESSOUS du seuil de pauvreté en Inde.

b) Entre l'âge de 5 et dix-huit ans, 40% des enfants de Brâhmanes arrêtent leur études.

L'Etat ne leur accorde aucune aide... : ils sont brâhmanes. Tandis que les Intouchables, et cela même si leur niveau de vie peut être plus que confortable (les Intouchables riches sont loin d'être rares... faisant parfois fortune par le commerce du cuir ou de la viande), continuent de recevoir des aides de l'Etat (?!), dont des facilités à accéder à des postes gouvernementaux.

c) Les Brâhmanes constituent en Inde 30% de la population indienne environ.

d) 75% des aides domestiques et des cuisiniers dans l'Etat de l'Andra Pradesh sont Brâhmanes.

e) 70% des personnes employées dans les 1783 toilettes publiques de Delhi sont Brâhmanes.

f) Au temple de Ranganathswamy, au Tamil Nadu, le salaire mensuel d'un Brâhmane est de 300 roupies (soit 30 francs ou 7 euros), selon le Census Department studies, tandis que le personnel gouvernemental de ce même temple reçoit 2500 roupies par mois.

Je le rappelle : les plus hautes castes hindoues, n'ont jamais été bien riches, pour ne pas dire qu'elles ont toujours été généralement pauvres. Être de haute naissance au sein de la société, c'est être Pur, et être le plus pur possible, c'est être le plus proche de l'idéal brahmanique. Aider et protéger des gens selon leur niveau de vie, leur revenue, et non une caste qui ne correspond à rien - si ce n'est pour les ex-colons (les occidentaux) et les Indiens "modernes" au pouvoir à New Delhi - , voilà une idée bien raisonnable : et bien brahmanique. Mais qui l'admettra ?

*********************

"Ceux qu'on en est venu à appeler "intouchables" sont les vidangeurs, les travailleurs du cuir, les bouchers. Dans un pays où le typhus, la variole, le choléra sont endémiques, [les intouchables], pour des raisons d'hygiène, [devaient] vivre en dehors du village [pour] éviter [aux autres personnes] d'entrer en contact avec eux. Mais l'intouchabilité est très relative [et inconnue dans la pensée de l'orthodoxie hindoue : il n'y a pas et ne peut y avoir de "hors caste", d'"intouchable", tout homme de la société appartient nécessairement à une communauté, à une caste, c'est-à-dire une guilde, une confrérie]. On est intouchable si on appartient par sa famille, sa lignée, à ces communautés. Si on n'en pratique pas le métier, on redevient "touchable". Le président de Bharat Shoes, qui vend des chaussures de cuir à 750 millions d'Indiens, doit en principe appartenir à la caste des cordonniers. Il est donc intouchable et millionnaire. Les dom, crémateurs de Bénarès, une des plus basses castes, sont parmi les plus riches hommes de la ville [et l'ont toujours été d'ailleurs]. Mais ils continuent de brûler les morts."

  

"En Inde, de larges étangs artificiels dans lesquels on descend par des marches de pierre servent de bains publics. Pour les individus dont la profession était malpropre ou impure, les tanneurs, les vidangeurs, les bouchers, etc. il y a des quartiers spéciaux en dehors des murs, et aucune personne de leur communauté ne doit puiser elle-même de l'eau dans les puits des autres citoyens (coutume qui a donné naissance à la légende de l'intouchabilité)."

Les "Intouchables" (expression occidentale) sont des personnes "qui ont adopté des professions considérées comme impures. C'est tout. Mais le Congrès, avec ses "généreuses" idées anglo-saxonnes a voulu tout changer : les Intouchables, pourquoi n'entrent-ils pas dans les temples ? On va leur donner des bourses d'études spéciales dans les universités, on a exigé que dans l'administration soient créés des postes pour lesquels ils ont des facilités d'embauches. Cela a créé des tensions inutiles cristalisant des discours vengeurs basés sur une histoire à sens unique et à côté de la plaque. Si on avait laissé la société traditionnelle évoluer, les intouchables aujourd'hui auraient une position tout à fait normale dans la vie indienne."


"Bien que le système social de l'Inde ait été désorganisé sous la domination islamique et anglaise, puis par (...) ses dirigeants depuis l'indépendance, il reste un facteur prédominant de la vie indienne, où mêmes les plus défavorisés restent profondément attachés à leur jati ("naissance"), à leur confrérie, à leur "caste" - pour employer ce mot d'origine portugaise qui n'a pas d'équivalent dans les langues indiennes. Les étrangers sont souvent étonnés par la douceur et la joie de vivre qui caratérisent les Hindous de toutes castes, même celle théoriquement les moins favorisées. La vie, dans la société traditionnelle est agréable et facile et les rapports entre castes sont beaucoup plus harmonieux qu'on ne voudrait nous le faire croire, car il s'agit des différentes branches d'un Corps social, indispensables les unes aux autres. Les bateliers du Gange sont en principe "intouchables" puisqu'ils transportent éventuellement des morts ; mais mon batelier, bien frotté d'huile, pratiquait la lutte corps à corps avec le grand prêtre du temple, lui aussi très sportif."


Alain Daniélou, sanskriste, dans Approche de l'Hindouisme.